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Château de Richelieu

Le château de Richelieu était un vaste château que le cardinal de Richelieu a fait construire en Touraine, sur l'emplacement du manoir familial des du Plessis. Il n'en reste presque plus rien aujourd'hui. Par des lettres patentes de Louis XIII, il fut permis au cardinal de Richelieu de faire bâtir un bourg, clos de murs et fossés avec deux marchés par semaine; ce bourg est l'actuelle ville de Richelieu, qui s'est développée au Nord du domaine, construite sur un plan de « cité idéale » En 1792 le duc de Richelieu, ancien Premier Gentilhomme de la Chambre du Roi, ayant émigré, ses biens sont confisqués; le château est alors vidé de son mobilier, ses nombreuses oeuvres d'art vendues ou attribuées à des musées comme au Museum central des Arts au palais du Louvre. En 1804 le château très abîmé mais intact est restitué au duc de Richelieu, par Napoléon Ier. Un an plus tard il est vendu pour 153 000 livres au marchand de biens Boutron, qui entreprend sa démolition pour en revendre les matériaux. Boutron démolit quasi-entièrement le château et la demeure devient, comme d'autres, carrière de pierres ! En 1877, le richissime banquier parisien Michel Heine, beau-père du septième duc de Richelieu, achète et entreprend de reconstituer le domaine, remet en état le parc et fait restaurer le pavillon des communs.


 

Historique

À la fin du xiie siècle existe un château de « Richeloc » construit pour les seigneurs de Mauson. En 1201, une chapelle dédiée à Saint-Nicolas-de-Myre est construite, chapelle du château qui est probablement devenue l'église paroissiale des Sablons. En 1407 est mentionné « l'Hostel de Richelieu » avec douves, que Charles VII autorise à fortifier ; il n'existe plus rien de ce château, remanié au xvie siècle puis entièrement reconstruit au siècle suivant. En 1621, le cardinal Armand Jean du Plessis achète le domaine, c'est alors, un petit castel avec tours, chapelle, bâtiments de service, et parc et le modeste château de ses ancêtres ne correspond donc plus à sa nouvelle situation et son ascension politique, ce qui le pousse à un projet ambitieux, capable de rivaliser avec les plus belles demeures de son époque. Par des lettres patentes de Louis XIII, il est permis au cardinal de Richelieu de faire bâtir un bourg, clos de murs et fossés avec deux marchés par semaine ; ce bourg est l'actuelle ville de Richelieu, qui s'est développée au Nord du domaine, construite sur un plan de « cité idéale » (à rapprocher de Brouage, mais aussi de Charleville et Henrichemont, villes nouvelles de la même époque). Il entreprit des travaux dès 1624 ; vers 1630, il ambitionne un programme architectural plus vaste associant une ville au château qu'il confie à l'architecte Jacques Lemercier qui adopte le même style architectural pour le château des ducs de La Trémoille. Chaque maison construite sera vendue à un noble proche de Richelieu. Ce dernier ambitionnait ainsi de se créer une cour proche de son château. Il fit donc édifier une vaste demeure, à laquelle il employa plusieurs millions de livres tournois. Le vieux château est conservé tant que le nouveau n'est pas habitable et la chapelle est conservée au moins jusqu'en 1639, date d'achèvement de l'église de la ville actuelle. Il fait ensuite entièrement raser l'ancien château. Jacques Lemercier mène donc la construction de la ville et du château, et la réalisation des décors est confiée aux meilleurs artistes de la première moitié du xviie siècle. Richelieu a ainsi conçu un ensemble cohérent et riche visuellement qui est le reflet, à l'intention de ses visiteurs, de sa conception de l'action politique. La construction est achevée avant la mort du cardinal en 1642. À la mort du Cardinal, les titres ducaux de Richelieu et de Fronsac passent à son petit-neveu Armand-Jean de Vignerot (+ 10/05/1715), « substitué par son grand-oncle aux noms et armes du Plessis et au duché de Richelieu et dont le château, résidence ducale, suit le même devenir ». L'arrière-petit-neveu du Cardinal, Louis-François-Armand de Vignerot (1696-1788), nommé maréchal en 1748, fait effectuer des transformations au château et fait aménager les jardins et le parc. Ces importants travaux, qui ont permis de mettre le château de Richelieu au goût du siècle des Lumières, sont confiés à Jacques de La Guépière et Jean-Michel Chevotet, ainsi qu'à Claude Desgots. La correspondance du maréchal de Richelieu et de son surintendant Jean Jahan a permis de retrouver les différentes transformations réalisées entre 1720 et 1750. Séquestré, vidé, dépouillé puis démoli... En 1792 le duc de Richelieu, ancien Premier Gentilhomme de la Chambre du Roi, étant considéré comme émigré, ses biens sont confisqués ; le château est alors vidé de son mobilier, ses nombreuses œuvres d'art vendues ou attribuées à des musées comme le Museum central des Arts au palais du Louvre. Vers 1800 l'architecte Léon Dufourny (1754 -1818), membre de l'Académie des Beaux-Arts en 1796, saisit au château le plateau rectangulaire de mosaïque de marbres et de pierres dures d'une table d'apparat qui a orné un temps le salon précédant la « Galerie des Batailles du Roi », qui, complété postérieurement par un piètement en bois sculpté, est depuis conservé au musée du Louvre (galerie d'Apollon), dont une réplique est exposée au musée des Beaux-Arts de Tours. En 1804 le château très abîmé mais intact est restitué par Napoléon Ier à Armand Emmanuel du Plessis, duc de Richelieu, qui devient ministre des Affaires Étrangères puis chef du gouvernement de Louis XVIII, et à ses deux demi-sœurs Mmes de Montcalm et de Jumilhac. Un an plus tard il est vendu pour 153 000 francs au marchand de biens Boutron, qui entreprend sa démolition pour en revendre les matériaux. La même année l'archéologue Millin, membre de l'Institut, « digne modèle des gens d'académie, servile non moins que vaniteux et dont le nom est suivi de quatorze lignes donnant les noms de toutes les académies dont il est membre, constata le désastre » (Stendhal, 14 mars 1838) de cette destruction de grande ampleur qui dure jusqu'en 1835 ; le marchand de biens Pilté-Grenet (nom d'un exploitant de la raffinerie de sucre de canne de la famille Boislève à Orléans jusque vers 1830), présumé membre de la Bande Noire, association de liquidateurs d'anciens grands domaines seigneuriaux, achète alors un ensemble de tableaux qu'il lègue en 1824 au musée des beaux-arts d'Orléans. Boutron démolit quasi entièrement le château et la demeure devient, comme d'autres, carrière de pierres ; quelques statues, épaves de la collection d'antiques du cardinal, un grand portrait équestre xviiie siècle, des peintures sont conservés aux musées des Beaux-Arts de Tours et d'Orléans Le Musée de Tours conserve aussi un portrait du duc de Richelieu (1696-1788) par Louis Tocqué, qui fit partie de la collection Roqueplan, vendue en 1855. En 1844 la Société des antiquaires de l'Ouest (S.A.O.) acquiert les vestiges d'une statue monumentale « qui gisaient au milieu des ruines de la bande noire » ; il s'agit d'une des commandes les plus prestigieuses du cardinal-duc, une figure en marbre de Louis XIII sculptée par Guillaume Berthelot pour le pavillon d'entrée du château, qui fut renversée en 1793. Restaurée en 2009, elle est aujourd'hui au musée Sainte-Croix de Poitiers. Un mécène sauve ce qui reste du domaine. Le Petit Château. En 1877, le banquier parisien Michel Heine, beau-père du septième duc de Richelieu, achète et entreprend de reconstituer le domaine, remet en état le parc et fait restaurer le pavillon des communs. Entretemps (1852), M. Laurence, propriétaire transitoire, se fait construire dans le parc un bâtiment de style néoclassique, dit « le Petit Château » assez éloigné de l'ancienne demeure, qui sert à partir de 1877 de résidence à Michel Heine, son gendre et à sa fille unique Alice - qui, veuve, devient, en secondes noces, princesse de Monaco. Après la donation par leur fils, duc de Richelieu et marquis de Jumilhac en 1930 (avec plusieurs maisons de la ville), il devient le logement de fonction du conservateur du domaine. Après la démolition de l'aile Est vers 1900, seul le pavillon central des écuries est conservé ; en 1930, le domaine est légué à l'Université de Paris par son fils huitième et dernier duc de Richelieu, qui meurt en 1952. Restitution 3D de la façade du Château de Richelieu côté jardins. La Chancellerie des universités de Paris, établissement public administratif, détentrice par dons et legs successifs d'un important patrimoine immobilier « dont l'entretien est coûteux et génère peu de rentrées financières » envisage d'aliéner, entre autres biens, le domaine. En 2017 est présenté au conseil municipal de Richelieu un projet de reconstruction « virtuelle » du château. Doté d'une structure métallique et habillé de toile ou illuminé, le dispositif permettrait d'accroitre l'attractivité du lieu.

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